Mgr André Rivest / Défis & projets du diocèse
Voici le discours prononcé par Monseigneur Rivest après la messe télévisée du 7 juin 2009:
Le diocèse en fait a été fondé.... (je suis le 8ième évêque seulement) en 1878 par un curé du diocèse de Québec qui était ici à Chicoutimi, Mgr Racine; et effectivement, c'est une église qui est jeune. On est un peu comme des insulaires. C'est pas l'eau qui nous entoure, c'est la forêt... parc des Laurentides, parc de Chibougamau ou Ashouamoushouan, maintenant, région de la Mauricie et ça l'a fait en sorte que les gens ont développé une créativité; ils sont devenus très autonomes.
Alors, c'est vrai sur le plan du développement de la région, plan de la technologie, mais c'est vrai aussi sur le plan de la vie ecclésiale. C'est des gens qui sont inventifs, des gens créateurs, alors on a développé avec l'aide de nos théologiens, on a développé dans une réfection, toute une approche qu'on a appelé "Le pôle intégrateur"; un axe autour duquel on pourrait unifié tous nos efforts pastoraux autant sur le plan de la liturgie, que sur le plan de la pastorale sociale ou la solidarité sociale. Alors on a vraiment travaillé et depuis 3 ans, on a donné une formation à nos gens et ça été très très mobilisateur; de sorte que dans nos milieux, reconnaître et annoncer Jésus-Christ ou reconnaître et annoncer Dieu à l'oeuvre de tout chose. C'est devenu un leitmotiv qui anime nos gens et qui fait en sorte que la fierté de reconnaître nos racines est importante et s'est développée. Alors, c'est une manière d'illustrer cette créativité donc, on ne s'est pas laissé prendre trop longtemps par l'espèce de morosité ambiante que l'on retrouve ailleurs; on se tient debout! Qu'est-ce qu'on peut faire pour retourner à l'essentiel?
La fierté de reconnaître cet apport de l'Église, ça fait partie de nos tripes je dirais, et on veut le développer; moi, c'est personnellement, comme pasteur, je me dis que je suis là pour essayer d'ëtre un facteur d'unité, d'unifier autour de Jésus-Christ cette population là; elle n'est pas séparée; on ne sépare pas comme on le faisait trop souvent autrefois peut-être.... les chrétiens du dimanche et le restant de la semaine, on s'en occupait plus de la religion donc, il faut intégrer tout ça, unifier tout ça. Alors, l'humain est pénétré par le religieux et le religieux par l'humain. Alors, on essaie de reconnaître ça. Il me semble que c'est essentiel de redonner à nos gens cette fierté de leur histoire; cette histoire qui montre comment on a été bâti à travers les valeurs judéo-chrétiennes.
Bien sûr, on n'échappe pas au grand défi de l'église au Québec. On est dans un monde qui est déchristianisé, faut bien l'admettre. On est dans un étape missionnaire de l'annonce de Jésus-Christ, pour refaire au fond la nouvelle évangélisation dont parlait Jean-Paul ll. Mais, ceci étant dit, de façon plus pointu c'est sûr qu'on a à relever le grand défi du passage d'une responsabilité dont on s'était déchargé, c'est mon opinion, sur l'école. Ce n'est pas la mission de l'école de faire des disciples de Jésus-Christ; sa mission c'est de faire de bons citoyens à partir des valeurs, en respectant son identité, mais c'est le rôle de la communauté chrétienne de faire des disciples de Jésus-Christ. Alors, on a un passage avec la réforme scolaire à vivre et ça c'est le grand défi de préparer nos gens, défi de la formation, défi de se donner des outils pédagogiques, des lieux aussi. Alors, nous sommes en plein dedans.
Nous avons une équipe diocésaine qui fait un travail important et ça, ça ressemble beaucoup à toutes les églises du Québec. Un 2ième défi dont je me plais à parler, c'est le défi de la pastorale-jeunesse. Une présence d'église au milieu des jeunes. On sait dans le contexte actuel comment il nous faut redécouvrir tout un nouveau langage, toute une nouvelle approche. La brisure, elle est faite entre la population jeune (je pense ici, non pas aux enfants, mais disons aux 18-40 ans) et l'église.... l'église institution. Alors, c'est tout un défi. C'est un beau défi qu'on essaie de mettre en place. Des mesures, des personnes surtout qui vont nous aider à rejoindre ces jeunes qui ne sont pas si loin de l'essentiel. Ils sont peut être même plus proches de l'essentiel.... ça, ça m'est très personnel.... je pense qu'eux n'ont pas de contentieux contre l'Église. Alors, le terrain est plus facile à travailler, à défaut de les rejoindre, mais on les rejoindra pas en les faisant entrer dans nos vieilles affaires à nous.
Essayer de trouver des chemins neufs, c'est ce que l'épiscopat québécois d'ailleurs cherche. C'est une des convictions que nous avons les évêques du Québec, que le chemin pour les rejoindre, c'est pas de les intégrer chez-nous dans notre maison de personnes plus âgées, mais d'aller vers eux et d'essayer de voir comment on peut trouver le langage qui va leur permettre de reconnaître aussi Jésus-Christ.
Je vais reprendre le souhait que j'ai fait au moment où je suis arrivé ici pour prendre la relève de mon prédécesseur Mgr Jean-Guy Couture en septembre 2004. J'avais émis le souhait au moment de mon homélie lors de l'inauguration de mon ministère pastoral, le souhait que les personnes soient heureuses dans la mission, dans l'exercice de la mission qui est la leur. Parfois, on veut, je vais le dire comme ceci, "cléritariser" les laïcs et "laïciser" nos religieux ou nos prêtres.
Je pense qu'y'a pas d'avenir là dedans... dans la confusion et la fusion. La plus belle unité ne vient pas de la fusion, vient de la mise ensemble de personnes différentes, mais complémentaires. Alors, mon grand rêve, c'est que l'Esprit Saint, l'Esprit de Pentecôte nous aide à faire en sorte que chacun chacune dans sa mission ...... trouve la joie de l'exercer cette mission.



